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Vieillir… Courir après le temps qui passe ?

Accueillir le temps écoulé, est-ce cela, bien vieillir ? Sentir les années s’accumuler, non comme une simple succession de faits et dates, mais comme un ensemble d’expériences, de rencontres, de pertes et de retrouvailles intérieures, est-ce le chemin vers la sérénité ? Je consulte à mon cabinet, 36 rue Levot à Brest

 

Chacun vit le passage du temps à sa manière, selon sa mémoire, son histoire, les attaches qui l’unissent à ceux qui l’ont précédé ou l’accompagnent encore. 
Vieillir n’est pas qu’une succession d’années : c’est sentir qu’on avance vers un horizon, que l’on doit composer avec une finitude qui nous regarde tous. Cette présence du temps, parfois douce, parfois cruelle, peut susciter une nostalgie profonde.
La nostalgie, comme l’explique France Bleu Poitou, est souvent une « passion triste » — un regard vers le passé où se mêlent plaisir et regret, chaleur des souvenirs et douleur de leur fin.

https://www.francebleu.fr/emissions/a-votre-service-par-france-bleu-poitou/la-nostalgie-est-elle-une-passion-triste-3099522
La perception du temps est intimement liée à notre mémoire : cette faculté fragile qui conserve les visages aimés, les voix des disparus, les instants de joie comme de souffrance. La mémoire ne se contente pas d’ordonner des souvenirs — elle constitue notre identité, elle nous relie à ceux que nous avons été et à ceux que nous aimons être.

 

"Nous, ce fil continu qui éclaire nos joies et nos souffrances !"

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"Accepter cette finitude, c’est reconnaître la valeur de chaque instant vécu"

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Papier recyclé

Pourtant, l’oubli, surtout lorsqu’il est involontaire, vient parfois tout bouleverser

La perte de repères, l’effacement progressif de souvenirs chers, comme dans certaines formes de maladies neurodégénératives, nous confrontent à l’une des dimensions les plus douloureuses du temps qui passe. Dans la bande dessinée d’Étienne Davodeau sur la maladie d’Alzheimer (“Là où tu vas”) cet affrontement entre mémoire et oubli est touchant : les personnages tentent de garder des traces, de nommer, d’écrire, de transmettre, de rattraper ce qui s’échappe. À travers ces récits, la perte de mémoire apparaît non seulement comme une épreuve individuelle, mais comme un défi pour tous ceux qui aiment, accompagnent et se souviennent.


Cette fragilité nous renvoie à une vérité universelle : notre passage sur terre est limité. Nous courons après le temps, conscients de son inéluctable fuite, de son absence de retour. Ce sentiment que « ça passe vite » naît de notre propre mouvement intérieur, de notre manière de vivre, de percevoir et d’interpréter les instants qui s’égrènent.


Face à cette fuite, certaines attitudes tentent d’endiguer l’effacement : garder des traces par l’écriture, les photos, les conversations ou encore les actes d’amour et de transmission.

En cela, chaque souvenir consigné, chaque histoire racontée, est un acte de défi contre l’oubli. Mais il n’est pas seulement question de lutter contre la disparition : il s’agit aussi de faire de chaque moment vécu une présence vivante, une respiration consciente.
 

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À l’approche de la fin de vie, ce rapport au temps devient particulièrement poignant. C’est une période où le passé, le présent et l’avenir s’entremêlent, où la mémoire questionne ce qui a été et ce qui restera, où l’on cherche un sens, une cohérence, une paix intérieure. Accepter cette finitude, c’est reconnaître la valeur de chaque instant vécu.
Ce fil continu qui éclaire nos joies et nos souffrances, structure nos histoires et nos liens... ce fil, c’est nous ! Nous, qui nous disons de vivre avec intensité, d’accueillir le changement, de chérir la mémoire et de faire face, avec courage et tendresse, à la finitude qui nous définit tous.


 

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